Un vitrail Th. Moullot

Commune: 

Texte: 

Reconstruction de l'église de Bourgneuf : COMMANDE DES VITRAUX
Avril 1865. Le maire de Bourneuf, mandaté par son conseil, traite de gré à gré avec M. MOULLOT, un fabricant de vitraux de Grenoble (pour des "vitraux, et un tableau figurant un personnage pour patron de la commune"); le serrurier André Neyroud, de Chamoux, est associé dans ce traité qui reste étranger aux contrats précédents.

En novembre 1865, la commune paie une partie des ferrures de Neyroud, et des réalisations de Moullot (les vitraux, et un tableau de l’Assomption). 
Il faudra des mois et diverses interventions aux deux artisans pour obtenir de la préfecture la fin du paiement.
Le "tableau" pose problème :
"M. Moullot recevra provisoirement la somme de 1539Fr92 montant du prix de ses vitraux;  quant aux 483 Fr. portés dans sa note pour prix du tableau représentant le personnage patron de la commune, puisqu’il n’était point celui demandé par la commune, il n’en sera payable que lorsque M. Moullot l’aura échangé contre celui représentant l’Assomption de la Vierge."
Nous avons donc une idée des réalisations de Th. Moullot.
Question : 150 ans plus tard, et surtout, après le bombardement du pont Royal en 1945, que reste-t-il du travail du maître-verrier dans les vitraux actuels ?
 

BIOGRAPHIE : Théodore Moullot, peintre de vitaux, Grenoble

"  Les maîtres verriers dauphinois Etienne Buche, Théodore Moullot, Antoine Bernard et surtout les Bessac puis les Balmet ont eu des commandes dans le monde. Grâce aux chantiers de reconstruction, les métiers d'art pouvaient renaître.

Des vitraux fin de siècle :
De nombreux établissements de maîtres-verriers s'ouvrirent en Isère durant la seconde moitié du siècle. Ils eurent des commandes dans le monde et quelques-unes dans les Alpes. Mais les vitraux, à l'image de la peinture, firent l'objet de commandes tardives. Lors de l'édification des églises, les baies étaient fermées par de simples systèmes de vitrerie, des carreaux blancs ou jaunes ou jaunes difficiles à supporter.
Au Bourg-d'Oisans, en 1857, l'abbé Cottave ne pouvant plus souffrir ni le manque d'ornementation intérieure ni l'importante lumière (…) avait commandé deux fenêtres chez le jeune maître verrier Théodore Moullot, le moins cher pour ne pas faire de dépenses excessives et montrer qu'il encourage "l'industrie naissante de la capitale du Dauphiné". (…)
Afin de trouver des souscripteurs, l'abbé mit en place une méthode consistant à encourager la gloriole locale. Il démarchait lui-même les verriers et, en fonction des sommes obtenues, faisait placer les noms, les saints patrons voire les portraits de ses principaux bienfaiteurs. "

Bibliographie, Source(s): 

    Reconstruction de l'église de Bourgneuf - AD073 cote 2O 746

    Biographie de Th. Moullot :
    Ciments d'églises, semences de chrétiens - Constructions religieuses et industrie cimentière en Isère au XIXe siècle
    Thèse de doctorat présentée par Cédric Avenier, soutenue le 6 décembre 2004
    Sous la direction de M. le professeur Thierry Dufrêne - Grenoble II P.-Mendès-France, Hist. et hist. de l'art
    hal.archives-ouvertes.fr

Image box: 

Vitrail représentant l'Assomption de la Vierge dans le chœur de l'église