Points d'Histoire

Pour approcher l'identification des œuvres, nous pouvons les comparer entre elles (certaines, tout de même, sont documentées). Nous pouvons aussi nous demander QUI a pu les commander, et quels réseaux ont pu fonctionner.

Ainsi, autour de 1500, période bien représentée dans les arts décoratifs en Savoie propre, vivaient de puissants seigneurs:
     • Jacques de Montmayeur (+1487) dont les biens passent aux Miolans
     • Louis de Seyssel-La Chambre + 1517, puis son fils Jean et sa bru, Barbe d'Amboise
      • Anthelme de Miolans (+ 1489), puis JAcques II (+ 1496), Louis (+ 1512), et Claudine de Miolans
      …

à un moindre degré de pouvoir, on rencontre :
      • les Montchabod
      • les Bertrand de Chamousset
      • Les Verdun, Basin…
      …

Mais il ne faut pas oublier leurs proches :
Louis de Seyssel-La Chambre a par exemple épousé successivement Jeanne de Chalon (famille bourguignonne très influente, également connue pour ses donations religieuses), Anne  de La Tour Boulogne (fille de Bertrand de La Tour, comte d'Auvergne et de Boulogne, elle-même veuve du prince Alexandre Stuart, fils de Jacques II, roi d'Ecosse) : autant de liens vers des influences artistiques extérieures !

 

Le territoire de Savoie-Propre comptait aussi des monastères, qui accueillaient des enfants de "bonne" famille :
     
abbaye cistercienne féminine du Betton au Bettonnet
     
• prieuré Saint-Philippe à Saint-Jean de la Porte (église prieurale reconstruite en 1458, de style gothique flamboyant)
      • monastère …
 

Les MONTCHABOD entre Villard d'Héry et Coise

- Au XIVe siècle, une branche de la famille de Montchabod prend le titre du Monet (à Coise).
Antoine de Montchabod, du Monet, épouse Ambroisie, fille de Jacques de La Ravoire, de Montmélian en 1384.
- 1466 - Concession par  Aymon de La Chambre, qui accorde à Jean de Montchabod de ne plus lui devoir l'hommage personnel pour les biens tenus de lui, mais seulement l'hommage réel (AD073 SA 46).

- en 1481: Jean de Montchabod fit reconstruire l'église Saint-Jean-Baptiste à Saint-Jean Pied-Gauthier : typique de la période gothique flamboyante, elle présente un portail à gâbles ; au-dessus de la porte, sous la statue du Bon Pasteur (saint Jean-Baptiste), on ne peut pas ignorer ses armes ( s'il faut suivre de Foras, les repeints que l'on voit ne respectent pas les couleurs de son écu)
Selon certains (André Ch. Coppier, De Tarentaise en Maurienne, Lib. Dardel 1931, cité par Félix Bernard., Le Pays de Montmayeur, 1971; voir aussi Récits Mauriennais de l'abbé Truchet), le même Jean de Montchabod serait à l'origine de la remarquable chapelle Saint-Sébastien à Lanslevillard, et le décor mural serait alors l'œuvre de peintres de la Combe?

Jean de Montchabod, capitaine des francs-archers du Duc de Savoie, eut plusieurs fois maille à partir avec Louis 1er de Seyssel-La Chambre (celui-ci à l'origine de la Collégiale Sainte-Anne); il faut dire que Jean eut le courage (?) de prendre parti contre Louis dans ses divers procès (très politiques) ; nommé châtelain du château d'Apremont en 1486, lors de l'arrestation de Louis de La Chambre, gouverneur de la Savoie, il occupa ce château confisqué par le Duc de Savoie… au cousin de Louis, Jacques de Montmayeur ; il s'y maintint contre la faction de Louis de La Chambre : Louis mit le feu au château familial de Jean (ou au moins, à  sa porte…), et le fit conduire au château de l'Huïle, où il détenait déjà d'autres prisonniers de marque! Rudes mœurs…

 

L'ABBAYE cistercienne féminine DU BETTON au Bettonnet

 

LE PRIEURÉ bénédictin SAINT-PHILIPPE à Saint-Jean de la Porte

 Le prieuré de Saint Jean de la Porte, dédié à Saint-Ours, fut fondé en 1032-1033 par les moines bénédictins de Saint André le Bas (aujourd'hui: Vienne), sur une terre donnée aux moines par la reine Ermengarde, épouse de Rodolphe III de Bourgogne.(Les Châteaux de Savoie ,Cabedita ed.). Les Miolans contribuèrent aussi à les mettre à l'aise.
Au 14ème siècle, le nom de St Philippe se substitua à celui de St Ours 
- En  1370,  le  procès-verbal  d'une  autre visite pastorale de l'évêque, précise  déjà que “prieuré et église sont délabrés”; or, les reliques de St Philippe arrivent au prieuré, “bras et chefs”, avant 1399 (date d'une visite pastorale qui le mentionne) ; au XVe siècle, décision est donc prise de  remplacer la vieille église par une  autre, consacrée à Saint-Philippe… qui disparaît à son tour après la Révolution : le portail gothique flamboyant de l’église actuelle de Saint-Jean de la Porte (reconstruite  après  1836) est celui du prieuré Saint-Philippe, anciennement "Saint Ours" démoli en 1835 (Bulletin mun. 1999).